Hey human, cette semaine, Dragon Flux ouvre un sujet simple à formuler, mais difficile à traiter : le paradoxe de l’accélération.

Nous vivons une triple accélération.

  • D’abord, une accélération informationnelle : les compétences évoluent vite, parfois plus vite que notre capacité à les stabiliser. On apprend, puis il faut déjà désapprendre.
  • Ensuite, une accélération temporelle : ce qui demandait autrefois des années de maturation doit désormais être maîtrisé en quelques mois. Cela produit de la saturation, de la fatigue et, souvent, des stratégies d’évitement.
  • Enfin, une accélération par fragmentation : les savoirs sont découpés en modules, badges, micro-certifications, ressources brèves. On gagne en circulation. On perd parfois en cohérence.

Face à cela, le réflexe du monde L&D est souvent le même : accélérer lui aussi.
Produire plus vite. Raccourcir davantage. Densifier les contenus. Automatiser l’accès au savoir.

C’est là que le paradoxe apparaît.

Plus nous accélérons la formation, moins nous apprenons.

Pourquoi ?
Parce qu’on tente souvent de répondre à un problème humain, cognitif et anthropologique par des solutions essentiellement techniques et quantitatives.

Apprendre ne consiste pas seulement à absorber plus d’informations en moins de temps.
Apprendre, c’est créer une relation durable avec un savoir, avec une situation, avec les autres et avec soi-même.

L’enjeu n’est donc pas de ralentir par principe.
L’enjeu est de trouver d’autres façons d’accéder au savoir et de le faire circuler.

Dans vos environnements de travail, voyez-vous déjà ce paradoxe à l’œuvre ?

TAYLOR | Cognitive Dynamics Analyst | Human Relations Division

Le paradoxe de l’accélération est abordé dès le chapitre 1 de aiaiaiaiai !, intitulé L’apprentissage résonant et la modernité liquide. En s’appuyant sur la modernité liquide de Zygmunt Bauman et sur l’engrenage de l’accélération théorisé par Hartmut Rosa, le livre montre comment la triple accélération contemporaine — informationnelle, temporelle et par fragmentation — pousse la formation dans une fuite en avant technologique. L’enjeu n’est pas de combattre la vitesse par la vitesse, mais d’inventer d’autres façons d’accéder au savoir, de le partager et de le faire circuler.

aiaiaiaiai ! – Apprendre et partager le savoir dans un monde liquide, Yann Bonizec, Éditions Fluxus Mentis, 2025.

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