René Descartes
Signature pédagogique - Figure
Bon, celui-ci, vous le connaissez bien.
Philosophe français du XVIIe siècle, figure majeure du rationalisme moderne et de la méthode du doute.
C’est sans doute la figure de cette galerie avec laquelle j’entretiens la relation la plus ambivalente.
D’un côté, il incarne un geste que je redoute : celui qui inspire encore aujourd’hui les référentiels de compétences ultra détaillés, les formations en micro‑briques et les tableaux de bord qui donnent l’illusion de maîtriser un métier parce qu’on l’a bien découpé.
Auteur du Discours de la méthode, il propose de remettre en question ses évidences, de ne recevoir pour vrai que ce qui résiste à l’examen et de diviser les difficultés en parcelles pour mieux les comprendre.
Mais réduire Descartes à ce découpage serait encore une caricature : le cogito n’est pas un simple slogan scolaire, c’est une expérience intérieure du « je » qui pense et qui se découvre existant, une épreuve de pensée plus qu’une formule à réciter.
Il y a aussi chez lui un penseur de la liberté : l’idée que le secours vient d’abord de soi‑même, que la pensée se vit, se médite, se ressent – pas seulement qu’elle s’enseigne.
Pris au sérieux, son doute systématique n’est pas un jeu intellectuel, mais une invitation à vérifier par soi‑même ce qui tient, ce qui vacille, ce qui fait vraiment sens dans une situation.
Dans nos métiers, c’est utile : beaucoup de décisions pédagogiques se prennent sur la base d’habitudes, d’intuitions ou de normes implicites, déguisées en évidences rationnelles.
Ce geste de tri, entre opinion, croyance, sentiment et véritable travail de raison, reste précieux dans nos métiers, où beaucoup de décisions pédagogiques se prennent sur des habitudes ou des normes implicites déguisées en évidences.
En même temps, poussé trop loin, ce même geste appauvrit le réel : il fabrique des dispositifs très propres sur le papier et très pauvres sur la vie des situations, où tout est rangé sauf la complexité.
Chez ATAWAK, Descartes est une figure de friction : impossible de le jeter, dangereux de le suivre sans vigilance.
Il nous aide à clarifier les registres dans un projet de formation : distinguer ce qui relève du ressenti, de l’habitude, de la norme implicite, ou d’un raisonnement que l’on peut discuter ensemble.
Son exigence de clarté nous sert de garde‑fou, mais nous refusons d’en faire notre modèle unique : nous utilisons le découpage comme une étape de travail, puis nous revenons aux interactions, aux tensions, aux situations vécues.
Et sa manière de faire de la pensée une expérience à vivre, plus qu’un contenu à réciter, rejoint notre conviction : une signature pédagogique systémique doit aider chacun à devenir un peu plus maître et possesseur de soi, pas seulement mieux aligné sur un référentiel.
Chez ATAWAK, la signature pédagogique n’est pas un slogan marketing.
C’est notre façon de penser l’apprenance, le partage du savoir et le rôle des acteurs de la formation.
Pour la rendre visible, nous nous appuyons sur une galerie de figures mythiques ou bien réelles qui inspirent nos choix de méthodes, de démarches et de postures.
Chaque semaine, nous en dévoilons une nouvelle. Descartes est de celles qui nous obligent à discuter, nuancer, parfois résister et c’est pour ça qu’il reste dans la galerie.
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ATAWAK accompagne les équipes L&D, les organismes de formation et les consultants-formateurs indépendants pour valoriser et digitaliser leurs offres de formation : learning design, formations interactives, IA générative, production de contenus, agents d’apprentissage IA (Tawakis), média learning et écosystèmes apprenants, dans une démarche LIFOW.
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