IA en formation : le grand malentendu
Dès que tu sens que c’est facile, c’est que tu as capitulé.
Aujourd’hui, beaucoup de discours sur l’IA en formation reposent sur un malentendu.
L’idée que l’IA pourrait remplacer le formateur. Produire des modules “tout seuls”. Assurer une personnalisation automatique. Faire disparaître une partie du travail pédagogique.
Ces promesses circulent parce qu’elles répondent à des attentes réelles : produire plus vite, produire plus, individualiser à grande échelle.
Mais elles reposent sur une confusion persistante : confondre production de contenu et conception pédagogique.
Le fait qu’un outil puisse générer du texte, des activités ou des supports ne dit rien de leur valeur pédagogique.
Accélérer la production ne garantit ni la pertinence, ni l’apprentissage.
Et la “personnalisation” peut vite rester un mot creux sans intention, sans diagnostic, sans choix didactiques.
Dans ce cadre, l’IA devient facilement un outil performant, mais mal orienté.
Ce qui tient, en pratique, est plus limité — et plus exigeant : équiper des gestes pédagogiques précis, locaux, contextualisés.
Analyser des besoins à partir de matériaux hétérogènes.
Explorer rapidement plusieurs variantes d’une même séquence.
Produire un feedback écrit plus réactif et plus étayé.
Prototyper des scénarios.
Soutenir des activités de synthèse.
Dans ces usages, elle n’arbitre pas. Elle amplifie.
Mon repère est assez simple.
Quand je m’appuie sur l’IA pour créer un module et que tout est facile, fluide, rapide, sans aucune friction... Je me méfie.
Dans ces moments-là, il y a de fortes chances que j’aie laissé l’IA faire le travail à ma place plutôt que de concevoir vraiment.
Je conçois des écosystèmes apprenants pour les équipes L&D et les organismes de formation. Fondateur d’ATAWAK et auteur de « aiaiaiaiai ! – Apprendre et partager le savoir dans un monde liquide ». Maître de conférences associé à l’Université Sorbonne Nouvelle – UFR Sciences de l’information et de la communication.
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