La semaine dernière, je suis tombé deux fois sur le mot « empathie ». D’abord dans un article au titre saisissant : « Dans l’Amérique polarisée de Donald Trump, l’empathie fait l’unanimité contre elle ». Puis, quelques jours plus tard, dans une situation beaucoup plus personnelle, chez ma mère.
Je suis aidant pour elle et nous avons dû faire appel à des auxiliaires de vie. Lors d’un échange, ma mère pose une question simple à la directrice de l’association : « Comment choisissez-vous vos intervenants ? » La réponse est immédiate : « Si quelqu’un ne sait pas faire un soin, je peux lui apprendre. Mon critère essentiel, c’est l’empathie. Parce que ça, je ne peux pas lui apprendre. »
Deux visions du monde, presque opposées. D’un côté, l’empathie perçue comme un risque, une faiblesse dans un espace public brutal, soupçonnée d’aveugler le jugement. De l’autre, l’empathie comme condition indispensable pour prendre soin, accompagner, être au contact de la vulnérabilité.
Dans nos métiers, formateurs, concepteurs pédagogiques, enseignants, la question est moins théorique qu’il n’y paraît. On peut maîtriser les méthodes, les outils, l’ingénierie, intégrer de l’IA dans tous les dispositifs. Mais sans empathie, tout cela reste de la quincaillerie pédagogique.
L’empathie, c’est ce qui permet d’écouter vraiment, de comprendre ce qui se joue pour l’autre, d’ajuster. C’est aussi ce qui rend possible l’altérité : accepter que l’autre ne pense pas, n’apprenne pas, ne réagisse pas comme soi. C’est cette capacité là qui donne du sens à tout le reste.
Et dans un contexte où les outils deviennent de plus en plus performants (et présents), cette compétence devient probablement la plus déterminante.
Parce que tout le reste, au fond, peut s’apprendre.
Sources :
Bherer, Marc-Olivier, « Dans l’Amérique polarisée de Donald Trump, l’empathie fait l’unanimité contre elle », Le Monde, rubrique « Idées », 17 juin 2026, consulté le 21 juin 2026.
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Je conçois des écosystèmes apprenants pour les équipes L&D et les organismes de formation. Fondateur d’ATAWAK et auteur de « aiaiaiaiai ! – Apprendre et partager le savoir dans un monde liquide ». Maître de conférences associé à l’Université Sorbonne Nouvelle – UFR Sciences de l’information et de la communication.
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